Ma bulle secrète n°1

L’arbre à la tête de biche

L’arbre à la tête de biche par Madiris Clet

L’ambulance du cœur,

De la cire sur la table des sœurs.
Un homme au fourneau
Une femme qui lui tourne le dos.

 

Un ami qui arrive,
Des crayons de couleur
Des odeurs, des saveurs
Pour partager deux rives.

 

Un breton, une bretonne
Juste pour la déconne
Une ivresse sans vin
Deux enfants qui jouent à quatre mains.

 

Des yeux qui se lèvent
Des yeux qui se cherchent
Des corps qui disent
« tu mutes ou tu crèves » !!

Quand tu ne bouges plus
On ne peut pas regarder ton cul
Quand tu te lèves avec grâce
C’est pour aller voir la masse,
Le colosse au sourire d’argent


Le colosse aux mains ressourçantes.
Tu voudrais lui dire
« fais moi encore rire,
Juste moi et pas ceux qui t’ont en ligne de mire ».

 

Entraines moi dans ton lit
Et blottissons nous pour la vie.
Je suis fatiguée d’aller à la pêche,
Je préfère les hommes qui ont la pêche !

 

Si t’appelles pas
Si tu ne te montres pas
Alors j’aurai juste pensé à toi
Et toi, auras-tu pensé à moi ?

 

Auras-tu crée d’autres plats
Auras-tu espéré sortir avec moi ?
Te seras-tu énervé
Pour ensuite retomber ?

 

Les pensées qui m’ont assailli ensuite
La tête entre mes cuisses
Tes mains sur mes seins
Et ta voix pour me donner de l’émoi.

 

Comment trouver le temps,
Pour vivre longtemps
Un amour qui sent si bon
Un amour, d’une chienne et d’un poisson
Peut-être quand le poisson deviendra chien
Et que la chienne deviendra un lien.

 

Pas facile à attraper cette fille,
Elle se faufile comme une anguille
Elle n’aime pas les aiguilles
Elle tient juste sur ces quilles !

 

Fais comme si de rien n’était

Tu peux me passer le sel, s’il te plait ?
Pourrais-tu m’en enduire partout
Oui, oui, oui, lèches-moi jusqu’au cou !!

 

Pas épilé ce soir
J’aime pas les rasoirs
Je préfère la cire
Elle est chaude et elle me tire !

 

Quand c’est fini, elle se barre
Sans un mot, sans un au revoir.
C’est décidé, je ne veux plus te revoir
Toi le lavoir qui ne cesse de boire.

 

Loin de moi, tu ne me baiseras plus
Tu ne profiteras plus de mon cul
Car tu as oublié de lever ta tête d’alouette
Pour voir qu’il y avait une personne sous la couette.
Il n’y a jamais eu de nous
Juste une proie facile
Mais pas docile
Un phare, une balise sans valise.

 

Quand un arbre prend racine
Il déploie ses veines dans l’air
Il a perdu son feuillage vert
Il a gagné en estime.

 

C’est un arbre à la tête de biche
Il lève parfois son petit museau
Pour regarder ce monde nouveau
Puis il retourne dans sa niche.

 

C’est un arbre concentré
Qui aime tant s’amuser
Pourtant, il aime travailler
Et si c’était ça sa spécialité ?

 

Madiris Clet

Photo d'Hélène Moal - Merci p'tite soeur !

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