Ma bulle secrète n°1

Les étoiles portent des chaussures

Une pluie d’étoiles vertes et jaunes avaient recouvert la toile de la jeune débutante.

Elles n’étaient pas tombées du ciel. C’est de sa main droite qu’elles avaient jailli, comme par magie.

 

Pourtant, dehors, il n’y avait pas une seule étoile dans la nuit noire. Mais où étaient-elles passées ? Peut-être étaient-elles parties en voyage ou peut-être faisaient-elles la grève ?

 

Elles manifestaient leur mécontentement. Pourquoi n’étaient-elles pas au rendez-vous ? Elles reconstruisaient leur vie chacune de leur côté. Elles avaient envie d’espace et de liberté.

Elles étaient chacune parties en voyage. C’étaient des étoiles libres. Et les étoiles ne se voient que la nuit ?

 

Il était bien triste de constater qu’elles ne se voyaient plus. Elles s’adoraient pourtant. Ces étoiles étaient amies. Elles avaient vécu beaucoup d’évènements joyeux et malheureux ensemble. Elles n’appartenaient pas à la même famille. Elles formaient une famille.

 

Si l’on avait pu dessiner cette famille, ces étoiles auraient formé un cœur doré à plusieurs branches.
Pas des branches en bois ou en acier. Des branches pointilleuses, linéaires, sérieuses. Des branches ultra comiques !!!
Des branches sensibles au froid, au chaud. Des branches parfois fatiguées mais qui continuaient à pousser. Des branches qui aimaient s’amuser ensemble. Des branches qui n’aimaient pas que l’on s’amuse d’elles. Des branches susceptibles !!!!

 

La susceptibilité n’est pas une faiblesse. Elle est le signe de votre propre ressenti.

 

Certains ou certaines s’amusent de cette susceptibilité. Et bien, je dirais, rendez leur la pareille sans attendre. Ils ne viendront plus vous enquiquiner pour des broutilles.
Car souvent il s’agit bien de broutille, non ?

 

Si l’on posait la question à ces vieilles branches, je suis certaine qu’aujourd’hui, elle répondrait unanimement : on s’en fout, on s’en contre-balance !!


Pourquoi ?
Parce que le temps passe, qu’il guérit les blessures. La patience est une vertu noble. L’impatience aussi. Ce sont des paradoxes. Ils vont de paire.
Un peu comme des chaussures.
Ah, vous ne le saviez-pas ? Les étoiles portent des chaussures. Toute sorte de chaussures : plates, à talons compensés, à talons aiguilles.
Ce qu’elles préfèrent, c’est être pied nu. Eh, oui les étoiles ont des pieds !!
D’ailleurs, elles ne pourraient pas marcher sans pied.
Certaines n’ont plus de pied. Heureusement qu’il y a les fauteuils roulants, les béquilles, les prothèses.
Elles peuvent continuer à vivre, à sourire, à aimer, à manger.
Les étoiles sans pied peuvent-elles danser ?
Oh que oui, il suffit de les soutenir. Et hop, elles sont debout. Vous êtes leur béquille et attention, elles swinguent du tonnerre ces étoiles. Elles ont le rythme dans la peau. Et un sacré brin d’humour, aussi !!
Oui, certaines étoiles sont handicapées.
Vous ne le saviez-pas ?
Alors c’est peut-être que vous aussi, vous êtes handicapés.
Ce n’est pas dans les livres que l’on apprend tout ça. C’est en vivant sa vie, en rencontrant, en discutant, en s’asseyant à côté de personne qui vous regarde comme si vous étiez un extra-terrestre que vous apprendrez tout ça. Personnellement, j’ai une chance énorme, je ne vois pas ce handicap dont les autres parlent !!! Car je les aime tout simplement, naturellement.
N’hésitez pas à leur parler, à tchatcher, à blaguer, à faire le pitre !
Les étoiles adorent rire.


Parfois, elles sont surprises de s’entendre rire à nouveau. Elles avaient oublié qu’il était bon de rire ensemble, de raconter des conneries.
Car franchement, à part rire de bon cœur, les étoiles s’ennuieraient !!
Un peu comme un repas du dimanche sans les petits gâteaux (et si l’on changeait de jour pour les petits gâteaux ?), un peu comme un couscous sans semoule (et si à la place de la dinde de noël avec la buchette au beurre –Beurk, ça m’écoeure – vous mangiez un bon couscous, une bonne paëlla, une bonne tartiflette … ah, quoi, ce n’est pas dans vos habitudes ? … que vous dire, c’est que si vous n’essayez pas de goûter, de vous approcher, de changer vos petites habitudes de temps en temps, vous vous coupez de saveurs, de goûts, d’odeurs, de rencontres humaines. Bref, vous vous coupez peut-être du monde dans lequel notre ville, Brest, s’amplifie et nous fait voyager, juste par le biais de nos sens (et c’est gratuit !!).

 

Madiris Clet

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